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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 18:38

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Ni échangistes ni libertins, ils revendiquent la possibilité d’être épris de plusieurs personnes, ouvertement et honnêtement... Ce peut-il être une solution viable pour les couples ou simplement une exception ?


 

Lundi 13 janvier 

Nom : PARPAIX 

Prénom : François 

Profession : Sexologue et thérapeute de couple

 

La notion de « polyamour » nous permet de réfléchir non pas sur le bien fondé de l’amour monogame, mais sur l’idée fausse qu’on s’en fait. Est-ce bien raisonnable de croire qu’un amour peut être exclusif, éternel, inoxydable et… corvéable à vie ? Qui peut prétendre tout apporter à l’autre ?

 

L’amour libre définit d’autres relations amoureuses (et physiques) partagées avec le ou la partenaire, au nom de la non-possessivité et de la non-exclusivité. Cela va de l’amour platonique et ou intellectuel, à plusieurs relations avec attaches sexuelles et sentimentales. Rien à voir avec l’échangisme et le libertinage, déniant toute attache sentimentale, ou la relation extra conjugale, cachée. Le polyamour nous rappelle qu’on peut aimer plusieurs personnes à la fois, même en couple.

 

Le système prédominant actuel du lien amoureux (et sexuel) exclusif affiche tous les jours ses limites. Les chiffres en témoignent.

 

Mais, qu’on soit trois ou quatre, la relation polyamoureuse évolue en fonction de la nature et de la qualité des liens établis. Il faudra toujours décliner un savoir être et un savoir faire. Elle subit l’usure, la routine, chacun comptabilisant sa part d’attention, d’affection et de plaisir érotique. Elle réclame de rester fidèle à tous ses amants. Cela demande donc organisation, lucidité, équilibre et maturité. Ce n’est pas à la portée de tout le monde.

 

Le polyamour est-il une solution pour le couple ? En tout cas, il interpelle une pensée conformiste par la notion d’ouverture qu’il apporte. L’idée est séduisante, même si sa mise en œuvre semble complexe.

 

Ce qu’on ne sait pas faire dans son couple, je doute qu’on sache le faire à 3 ou à 4. Et puis le couple monogame, c’est souvent une famille. Comment expliquer aux enfants que ce n’est pas leur histoire ? Restera toujours à savoir utiliser au mieux les ressources du jeu subtil de l’intimité conjugale ; à développer une intelligence émotionnelle pour canaliser ses frustrations et faire preuve d’une tolérance bienveillante sur les futures échappées sentimentales, sexuelles et intellectuelles de l’un et ou des autres…

 

Un paramètre majeur est à prendre en compte : le style d’attachement affectif dans lequel fonctionne chacun des partenaires. Pour les « insécures » affectifs, le polyamour devient le lit d’angoisses et de crises de jalousie, sources de tensions et de souffrances.

 

En fait, nous vivons des micropolyamours permanents, tantôt prenant l’aspect de l’amitié, de la tendresse, de la complicité, tantôt de l’affinité intellectuelle, du soutien, maquillant et canalisant une attirance physique, sexuelle et sentimentale sous couvert d’un jeu de séduction subtil plus ou moins identifié.

 

- Quel niveau de difficultés conjugales justifie qu’on l’enrichisse par le polyamour?

 

- Mon (ma) partenaire est-il (elle) capable de comprendre cette démarche et de l’assumer ?

 

Voici quelques questions à méditer.

 

Niche culturelle, le polyamour fait réfléchir sur ce que la monogamie possède de meilleur et d’archaïque, plus encore chez ceux qui affichent des kilomètres au compteur d’une conjugalité monogame et monotone…

 

Le polyamour tend à démontrer que l’amour exclusif est un pari où l’atmosphère peut devenir irrespirable et qu’il faut savoir aérer. On peut aimer une ou plusieurs personnes en même temps, mais pas forcément sur le même plan, ni de la même façon, sans pour autant tout chambouler. Pas facile à admettre dans notre vision de l’amour conjugal exclusif cadenassé de multiples manières.

 


 

Mercredi 15 janvier 

Nom : KARILA 

Prénom : Laurent 

Profession : Médecin (Psychiatrie et Addictologie)

 

Polyamour provient du terme anglais polyamory. Il correspond à la notion de plusieurs relations amoureuses. Une relation idéale et assumée avec différents partenaires. Le principe de la monogamie est remis en question. Les poly ou les amoureux libres se distinguent clairement des échangistes, des libertins ou des infidèles. Pour faire partie de la famille du polyamour, il faut savoir se remettre en question, être en accord avec soi-même, briser les tabous du concept de couple standard hétéro ou homosexuel, savoir aimer sans limite plusieurs personnes, ouvrir son champ émotionnel à d’autres. Etre poly n’implique pas forcément une polysexualité. Le respect, la franchise et l’attachement sentimental sont la matrice de ce type de relation. Différents types ont été décrits : polyfidélité, mariage ouvert… Il existe une forme d’addiction sexuelle appelée la recherche compulsive de partenaires multiples qui pourrait s’apparenter à une forme pathologique du polyamour.

 

Cette pratique originale du polyamour est certainement instable à long terme avec un naturel monogame pouvant revenir au premier plan. La chair des sentiments est faible. A mon sens, le polyamour relève plus de l’exception mais il faut bien évidemment tolérer cette approche de l’amour…

 


 

Vendredi 17 janvier 

Nom : ARLIN 

Prénom : Philippe 

Profession : Sexothérapeute

 

Ah ! le polyamour ! Rêve de certains, cauchemar des autres, un peu difficile de s’y retrouver et pourtant… Tout dépend de quoi l’on parle quand on prononce ce terme ?

 

De notre capacité à aimer plusieurs personnes en même temps ou de la possibilité de vivre plusieurs histoires d’amour de front ? Pour autant cela est-il viable est certains couples peuvent-ils s’y retrouver ? Cela soulève bien évidemment, de nombreuses questions, car s’il est évidemment que nous pouvons aimer plusieurs personnes en parallèle, la difficulté est bien de trouver un vécu et un mode de fonctionnement propre à satisfaire cet amour.

 

C’est là que cela se complique et que nous entrons dans le monde des besoins, des envies, de la jalousie et de la possessivité et dans ce monde-là le polyamour n’est pas le bienvenu. Il va générer souffrance et frustration, nous laissant pour la plupart dans l’obligation de faire un choix. Eh oui nous ne sommes pas égaux face à cela et tout va dépendre de notre capacité à vivre plusieurs relations en même temps, en sachant cloisonner chaque dimension de notre vie. Et quand bien même nous y arrivions, va se poser la question de la jalousie et de la possessivité, Il va de soi que le B.A. BA du polyamour, le présupposé de base à son fonctionnement, c’est bien l’absence de ces deux sentiments. C’est le respect de l’autre poussé jusqu’à la reconnaissance et l’acceptation de ses sentiments amoureux non exclusifs. C’est, dans ce sens la plus grande preuve d’amour que l’on puisse lui donner. Mais sommes-nous prêts à cela ?

 

Pouvons-nous poser ce mode de fonctionnement comme un présupposé, comme une base pour le couple ? Loin de là et si le polyamour représente une des plus belles formes d’amour, il n’est en rien une solution pour le couple car il porte en lui-même la négation de celui-ci.

 

Alors, ne mélangeons pas tout et faisons le choix du couple ou du polyamour...

 


 

Dimanche 19 janvier 

L'avis de Brigitte :

 

Le polyamour n’a pas grand-chose à voir avec le libertinage, c’est néanmoins également une conception moins restrictive du couple puisque chaque membre du couple s’autorise à, éventuellement, vivre des relations amoureuses plus ou moins sexuelles. En d’autres termes, l’exclusivité n’est pas de mise mais le respect doit être là et le couple reste uni malgré les relations vécues à l’extérieur du couple. Ensuite, la transparence n’existe pas, on peut se dire des choses mais le but n’est pas de tout se dire.

 

Objectivement, ce concept me paraît beaucoup plus intéressant que l’échangisme car il fait appel à plus de maturité. Les polyamoureux ont compris que l’autre ne nous appartient pas et qu’il peut avoir envie d’entrer dans des relations de séduction avec plus ou moins de passages à l’acte. En même temps, ils ont aussi compris que la stabilité du couple sur la durée est un élément solide sur lequel on peut s’appuyer et qui nous rend plus fort face à l’adversité.

 

Cela devrait pouvoir être une solution viable pour tous mais pour cela, il faudrait que nous soyons tous matures. Ce qui bien sûr est loin d’être le cas. Le plus grand obstacle à l’harmonie relationnelle, c’est bien sûr notre immaturité. Mais rien ne nous empêche d’essayer de grandir au fil du temps !

 

Alors, sans vouloir devenir un couple polyamoureux, chacun devrait déjà apprendre à se respecter, à respecter l’autre dans ses envies de s’ouvrir à d’autres rencontres (ce qui ne veut pas dire d’autres relations sexuelles). L’important étant ce qui se construit entre les deux partenaires qui, si en effet il y a une élévation solidaire du couple, les personnes extérieures au couple ne risquent guère de le mettre en danger. Croire que la relation sexuelle est le seul enjeu du couple, c’est n’avoir rien compris à la sexualité… Mais là, c’est un autre débat qui demande encore plus de maturité !


Article rédigé par Ambre, le 17.01.2014 20:44 pour www.brigittelahaie.fr

 

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Published by lutinages - dans articles de presse
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