Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 20:24

11-copie-1.jpg

12

 

pour voir directement sur le site organisateur ==> link

Repost 0
Published by lutinages - dans débat
commenter cet article
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 15:14

laura-dufey.jpg

 

I. Introduction

Peut-on aimer plusieurs personnes en même temps ? Est-il possible de tomber amoureux lorsqu’on vit en couple épanoui ? L’après Mai 68 et la libération sexuelle qui a suivi dans notre société a fait évoluer les pensées et éclore une multitude de pratiques sexuelles, de styles de vie en couple, d’idéaux amoureux… Parmi les derniers venus, le polyamour, encore appelé les amours plurielles, le « lutinage »1, les relations ouvertes. Tous ces termes sont synonymes et expriment un véritable style de vie amoureuse, un idéal du couple qui vit le jour chez nos voisins anglo-saxons et qui se fait petit-à-petit connaître chez nous aussi. Cependant, la non-exclusivité sexuelle reste un tabou encore important dans notre société et ceux qui pratiquent l’ouverture dans le couple se doivent d’être discrets dans leurs actes et dans leurs paroles au risque d’être critiqués, rejetés ou niés par leur entourage. Cela peut être illustré par une conversation récente avec un sexologue dans laquelle ce dernier affirmait que pour les besoins d’une émission télévisée, il avait pu trouver des personnes pour témoigner des comportements sexuels les plus fous… mais personne pour parler du polyamour.

1 -Terme utilisé par SIMPERE Françoise, Guide des amours plurielles, pour une écologie amoureuse, Paris : Ed. Pocket, 2009, 210p. 


II. Définition

Il est difficile de définir précisément ce style de vie encore marginal, à la dénomination inconnue du dictionnaire et qui se vit parfois très différemment d’un couple à l’autre. Françoise Simpère nous propose une définition globale de ce qu’elle nomme le « lutinage »2. Il s’agit du fait de vivre des amours plurielles, de mener plusieurs relations amoureuses simultanément. C’est justement ce qui crée bien souvent l’émoi chez la plupart des personnes qui ont connaissance pour la première fois de ce phénomène : nous parlons bien de relations amoureuses et pas uniquement sexuelles. Car autour de cette définition minimale, gravite toute une philosophie que nous allons découvrir.

2 - SIMPERE Françoise, Guide des amours plurielles, pour une écologie amoureuse, Paris : Ed. Pocket, 2009, 210p.

 

III. La vision culturelle de l’amour

Pourquoi le fait d’avoir plusieurs relations amoureuses simultanément pose-t-il tellement de problèmes à l’opinion publique ? Car, paradoxalement, cet idéal d’amour monogame et unique qu’est l’amour bourgeois qui proscrit toute relation sexuelle hors du couple légitime, est arrivé relativement tardivement dans notre société. Tout d’abord sous la pression de l’Eglise et la menace du péché d’adultère, ensuite avec les valeurs bourgeoises d’austérité et de contrôle de soi qui ont laïcisé cet interdit sexuel.

Françoise Simpère nous rappelle que les règles morales ne sont ni innées ni universelles mais découlent de circonstances historiques ou d’un modèle de société 3. Cette société qui est la nôtre est notamment très genrée. Paule Salomon, dans son livre « Bienheureuse infidélité »4 nous propose un rappel des principes qui circulent dans l’inconscient collectif. Malgré une certaine évolution des pensées, la vision de la femme soumise à son mari, compréhensive par rapport à ses écarts de conduite, vivant pour lui et à travers lui, sagement occupée aux tâches domestiques et apportant douceur et affection à ses enfants est encore bien ancrée dans les esprits. Toujours dépendante d’un mari, d’un père, d’un frère, la femme est passive et dominée, sa sexualité est un devoir conjugal liée à la procréation. Le désir et le plaisir de la femme font peur, sont considérés comme dangereux et la fidélité permet de veiller à l’ordre social et moral. « La femme accepte et l’homme impose, la femme se donne et l’homme prend »5 écrit Paule Salomon. Aujourd’hui, même si ce schéma a évolué, il en reste bien des réminiscences dans notre vie de couple. Par exemple, la situation d’une femme qui vit plusieurs relations intimes sera moins facilement acceptée que celle d’un homme dans le même cas.

3 - SIMPERE Françoise, Op cit.

4 - SALOMON Paule, Bienheureuse infidélité, être fidèle à soi-même, Paris : Albin Michel, 2003, 364p. 

5 - SALOMON Paule, op cit., p.322. 


IV. La fidélité

Dans le point précédent, nous avons mis en évidence le concept social de la fidélité patriarcale. La femme doit être fidèle à son mari qui assume financièrement la vie de la famille. L’épouse doit être reconnaissante en accomplissant ses devoirs au sein du foyer et en mettant au monde des enfants qui porteront le nom de leur père. L’extérieur n’est pas censé l’intéresser pas puisqu’elle a la sécurité de la maison. Etant dépendante de son mari, elle ne peut pas se permettre de lui être infidèle, qu’il s’agisse de fidélité sexuelle, amoureuse, idéologique, de présence, etc. Le mari, dans cette optique, est tout-puissant, dominant et supérieur, statut offert par la société patriarcale. « La fidélité de la femme est le fondement de la famille patriarcale et elle n’a pas été obtenue par consentement mutuel mais par coercition de l’homme sur la femme »6 pour ensuite être intériorisée par celle-ci.

La fidélité est également un concept subjectif car chacun en a sa propre définition. Certains vont parler de fidélité sexuelle, d’autres de fidélité amoureuse, ou encore associer les deux. Certains auront peur de la tromperie sexuellement parlant, d’autres du mensonge ou encore de l’abandon. Avec le passage du choix de partenaire par intérêt au choix de partenaire par amour, la conception de la fidélité a évolué pour tendre de plus en plus vers la fidélité amoureuse : elle revient à être fidèle à soi-même, à l’autre et à l’histoire commune entre les partenaires. L’infidélité peut aussi être associée à la trahison, au mensonge, à la tromperie… Mais comme le dit Paule Salomon, est-il possible aujourd’hui de promettre à l’autre de ne jamais désirer en dehors de lui, où que l’on soit ?

6 -  SALOMON Paule, op cit., p.71.


V. La philosophie polyamoureuse

Selon le site internet « www.polyamour.be », « l’idéal du polyamour est une relation sentimentale honnête, franche et assumée avec plusieurs partenaires simultanément. Cet idéal implique de chercher à être en accord avec soi-même, sans tabous et de considérer caduque la monogamie traditionnelle. »7 Notons également que le polyamour est présent dans les couples de toutes orientations sexuelles, hétéro-homo ou bisexuels. C’est la relation à l’autre, quel que soit son sexe qui importe.

7 -  http://www.polyamour.be/news.php?extend.25, consulté le 26 décembre 2011.


Les valeurs clés de ce mode de vie sont les suivantes :

a. Le respect de soi et des autres

Pour vivre harmonieusement le polyamour, il faut d’abord se respecter soi et respecter l’autre. Pouvoir poser ses propres limites et respecter celles du partenaire. La recette de la vie de couple ouvert doit se trouver à deux, dans la recherche d’un équilibre afin que toutes les personnes concernées se sentent respectées.

b. La responsabilité

Pour les polyamoureux, être responsable est une valeur prioritaire. La personne qui décide d’avoir plusieurs partenaires a un engagement envers chacun d’eux. Elle doit veiller à ce qu’ils se sentent respectés dans la situation. La question de la responsabilité de la stabilité familiale se pose également, notamment vis-à-vis des enfants qui ne sont pas responsables des choix de leurs parents.

c. La franchise

Pour vivre le polyamour, il est recommandé d’être franc et sincère sans entrer dans les moindres détails de sa vie intime avec ses amants et maîtresses. Garder un jardin secret permet d’être respectueux envers soi et envers l’autre. L’important est surtout d’avoir une franchise des sentiments, de pouvoir parler de ses ressentis, de ses émotions positives et négatives et de ses craintes.

d. La confiance

La confiance est primordiale dans cette philosophie. Tout d’abord, il s’agit de se faire confiance à soi-même et ensuite de faire confiance à l’autre afin de passer au-dessus du sentiment de jalousie. Les auteurs traitant ce sujet ne nient pas la possibilité de subir un choc en apprenant que son conjoint voit une autre compagne, même si les règles étaient claires dès le départ. La peur d’être quitté et/ou la peur du mensonge par rapport à sa propre relation peut alors survenir. Il est important de travailler la confiance en soi et en l’autre. Il faut pouvoir parler de ses craintes tout en respectant l’intimité de l’autre.

e. La sécurité

Le polyamour repose sur la solidité du couple et sur le sentiment de sécurité, allant de pair avec le sentiment de confiance. Il est important de ressentir une sécurité affective pour pouvoir construire et vivre plusieurs relations simultanément.

f. La liberté

La question que l’on peut se poser est comment concilier liberté et sécurité ? En fait, ces deux valeurs sont théoriquement conciliables dans un esprit de liberté responsable. Il est important d’ouvrir son esprit et de modifier son mode de pensée, ce qui est relativement difficile dans la société actuelle. Il ne faut pas pour autant sous-estimer les risques de voir éclater le couple, et être conscient que cela peut provoquer un jugement de la part des autres. Le respect des personnes qui ne sont pas encore prêtes à entendre ce discours d’ouverture est également primordial.

g. L’ouverture d’esprit

Ce qui est recherché dans le polyamour, ce n’est pas uniquement une accumulation de partenaires sexuels. Cela va au-delà, il s’agit de la rencontre des êtres, du partage de modes de pensée, de nouvelles expériences, de styles de vie. Il n’est pas question de combler un manque mais bien de découvrir d’autres univers.

h. L’égalité entre les sexes

Les polyamoureux mettent un point d’orgue à exclure la domination d’un sexe sur l’autre, la relation est non-hiérarchisée. Cette égalité est parfois plus difficilement vécue par les hommes qui perdent leur domination ancestrale et pour qui la compétition virile est plus présente que chez les femmes. Le couple ouvert correspond aux espoirs et aux acquis nés de l’émancipation féminine et les femmes sont souvent les initiatrices de ce style de vie dans un esprit d’échange et d’équilibre entre les sexes.

i. L’autonomie

Le polyamoureux peut assumer seul les situations de la vie et respecter l’autonomie de l’autre. Cela implique que l’on peut avoir des projets de vie et un engagement de couple mais que chaque membre reste autonome. Il s’agit d’être indépendant, de respecter les choix de l’autre tout en respectant ses propres limites.

Françoise Simpère insiste sur le fait que le choix de vivre des amours plurielles est généralement d’abord personnel avant d’être un choix de couple. Ce choix individuel est ensuite discuté dans le couple et le partenaire décide parfois à son tour et de manière personnelle de tester ce mode de vie. Il est alors nécessaire de favoriser le dialogue afin de mettre en place certaines règles pour la suite. Généralement, il existe un couple « de base », stable, des conjoints qui ne cherchent pas nécessairement d’autres histoires amoureuses mais qui décident de rester ouverts à l’apparition d’un désir pour une tierce personne (ou plusieurs). Les valeurs primaires sont la liberté, le refus de posséder l’autre et le dépassement de la jalousie. Dans le polyamour, on refuse de s’approprier les personnes qu’on aime et on veut avant tout leur bonheur. Les polyamoureux acceptent également la fluctuation du désir dans le couple et reconnaissent qu’il y a des périodes passionnelles et d’autres plus creuses, il s’agit d’un cycle naturel.

j. Distinction : polygamie – libertinage – échangisme

Le polyamour ne doit pas être confondu avec la polygamie, le libertinage ou l’échangisme. En effet, la polygamie (polygynie ou polyandrie) est à sens unique et c’est généralement l’homme qui a plusieurs femmes sans que leur soit demandé leur accord sur cette situation. Le libertinage, quant à lui, est davantage centré sur l’acte sexuel, tout comme l’échangisme qui a, en plus, une dimension de possessivité puisqu’il s’agit d’échange. Or, pour échanger un bien, il faut d’abord le posséder. Le polyamour est un choix individuel au départ et est basé sur la liberté et l’ouverture aux possibilités et pas la recherche de plaisir sexuel.


VI. Les difficultés de la mise en pratique

L’idéal du polyamour peut paraître tentant et les valeurs prônées vont dans le sens du respect de l’individu et du développement personnel. Mais en pratique, est-ce réellement possible de vivre plusieurs amours en harmonie pour tous les intervenants ?

Paule Salomon attire notre attention sur le fait que l’aventure des couples ouverts n’est pas faite pour tout le monde. Il faut tout d’abord avoir « l’audace de sortir des comportements convenus ». Elle ajoute que ces couples « ont souvent davantage de culture et d’aisance matérielle que la moyenne, ils ont en commun d’être obligés de se développer en tant qu’être et d’accepter leur solitude.»8 Lorsqu’elle parle de solitude, Paule Salomon exprime la nécessité pour les polyamoureux de se sentir autonome et d’exister en tant qu’être non dépendant d’une tierce personne. Un individu existe, même s’il est seul à certain moment ou que son conjoint est avec un autre partenaire.

Ensuite, Françoise Simpère nous rappelle que malgré les valeurs de liberté, de confiance et de sécurité, la jalousie n’est pas facile à dépasser. Le polyamour exige un travail sur soi-même, sur ses peurs d’abandon et ses démons internes. Cela exige une capacité de remise en question et de confiance en soi et en l’autre assez élevée.

Les questions d’égo sont également délicates. Il faut avoir assez confiance en soi tout en restant humble afin d’avoir un égo équilibré. Encore faut-il que les membres de ce(s) couple(s) arrivent aussi à un équilibre afin que les égos féminins et masculins soient complices et autonomes et non rivaux.

Il faut aussi gérer la culpabilité, plus souvent présente chez les femmes, qui n’est jamais loin tant la culture judéo-chrétienne est ancrée en nous.

Enfin, n’oublions pas qu’une relation poly peut impliquer un nombre de personnes qui peut être relativement élevé, créant tout un réseau où des conjoints de base peuvent chacun avoir un ou plusieurs partenaires. Tous ces individus doivent être d’accord sur le principe et il faut pouvoir gérer des situations parfois difficiles, concernant plusieurs partenaires.

8 -  SALOMON Paule, op cit., p.183.


VII. Conclusion

Le polyamour est un idéal de relation prônant des valeurs qui concordent avec celles la société actuelle recherchant l’autonomie et la liberté. Sur certains points, nous pouvons y voir un avancement de taille dans l’égalité entre les sexes ou le respect de soi et de l’autre. Cependant, ce modèle reste difficile à mettre en place dans la pratique. En effet, la jalousie, à la fois culturelle et naturelle est difficile à surmonter ainsi que les éventuels soucis d’égo des uns et des autres. Enfin, nous pouvons observer que la société n’est pas prête, en grande partie, à accepter les amours plurielles, tant la non exclusivité sexuelle est encore un tabou de taille.

Le polyamour apporte en tout cas une certaine ouverture d’esprit. Etre ouvert à ce mode de vie, c’est ouvrir son esprit aux possibilités de la vie, c’est accepter le fait que l’autre ne nous appartienne pas et qu’il est un individu libre et autonome. Cette philosophie permet une remise en question de ses valeurs et une approche différente des relations, dans le respect et la curiosité de découvrir l’alter. Elle nous permet d’avancer et de découvrir que la relation amoureuse passe d’abord par la relation à soi-même. S’aimer avant d’aimer, se construire avant de construire une relation. Etre fidèle à soi-même avant toute chose.

 

Repost 0
Published by lutinages - dans débat
commenter cet article
26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 17:42

A l’heure du mariage pour tous, quelques-uns de nos contemporains résistent encore, non seulement au mariage, mais aussi au couple. Les uns refusent toute forme de sexualité, les autres refusent tout partenaire exclusif. Pour eux, le célibat c’est le début du bonheur.

5231518883 b9bfc6503b z

 Amour et Psyché (A. Rodin) © Flicker - Dalbera - 2013

 

Emission avec:

 

- Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste (tous les mercredis).

 

- Marie-Hélène Bourcier, sociologue et théoricienne queer, maître de conférences à l'Université de Lille 3, spécialiste des études sur les genres et la sexualité. Travaille actuellement sur la question du sexe et du néo-libéralisme.

 

- Lionel Labosse (au téléphone): écrivain, créateur du blog altersexualité.com ; auteur de « Le contrat universel », éd. A poil.

 

- Agathe André, productrice sur France Inter, elle anime l’émission « Vos désirs sont mes nuits », du lundi au jeudi, à minuit.

 

- Marie, 61 ans, opposée à l’idée de couple pour elle-même.

 

REPORTAGE de Thomas Chauvineau : « J’ai trois amours »

 Thomas Chauvineau a rencontré, dans un café parisien, une femme qui dit "non" au couple... elle porte un prénom particulier.

 

Les invité(s) : 

 Marie-Hélène Bourcier

Sociologue et théoricienne queer, maître de conférences à l'université de Lille 3, auteure de "Comprendre le féminisme" ed, Milo..

 

Lionel Labosse

Ecrivain, créateur du blog altersexualité.com ; auteur de « Le contrat universel, au-delà du mariage gay », ed. A poil.

 

Serge Hefez

Psychiatre et psychanalyste

 

Marie 61 ans

Opposée à l’idée de couple pour elle-même.

 

 Agathe André

Productrice sur France Inter

 

 

 

A écouter ici : Sans-titre.jpg

 

Repost 0
Published by lutinages - dans débat
commenter cet article
1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 11:27

 

1.jpg

 

Jeudi 13 juin 2013 à 18h00 - Montpellier Aiguelongue

source : http://www.happyplanete.org/evenement-204.html

 


Repost 0
Published by lutinages - dans débat
commenter cet article
1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 13:14

Pour la troisième année consécutive, Univers santé organise une "Love Week" à Louvain-la-Neuve. Ce projet met en avant la Vie affective et sexuelle et donne l'occasion d'en parler en toute liberté, dans le respect des opinions, par différents moyens et sous toutes ses facettes.

 

- Conférence de Pierre-Yves WAUTHIER : "Le polyamour ou les amours pluriels".

Le jeudi 2 mai, à 20h au Montesquieu 01 (rue Montesquieu 32 - 1348 LlN, centre de LLN))

Concept encore peu connu, le polyamour est la possibilité d'être épris de plusieurs personnes, ouvertement et honnêtement. Mais quelle interprétation en faire ? Comment le vivre ? Comment en parler ? Peut-on vraiment aimer plusieurs personnes à la fois ?

Pierre-Yves WAUTHIER, diplômé en anthropologie sociale et culturelle, s'intéresse aux fondements des liens sociaux. Il envisage son approche par l'étude des façons dont une société produit de l'attachement entre humains et dont elle se représente le lien intime (amour, amitié, intimité...).

La conférence sera suivie d'un débat modéré par Cathy Caulier, psychologue, psychothérapeute familiale.

P.A.F. : 2,5 € étudiants / 4 € adultes

 

La Love Week est organisée en collaboration avec différentes associations actives sur le site de Louvain-la-Neuve :

asbl CEFA ; Service d'aide aux étudiants de l'UCL ; Jeunesse&Santé ; Mutualité Chrétienne ; planning familial de Louvain-la-Neuve et le KapHot (kot à projet).

 

Contact et informations supplémentaires

Danièle HALLET, chargé de projet à Univers santé

Place Galilée 6

1348 Louvain-la-Neuve

T. 010 47 28 28

daniele.hallet@uclouvain.be

 

love-week.jpglove-week-2.jpg

 

 

Repost 0
Published by lutinages - dans débat
commenter cet article
26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 21:48

L'université de Lausanne propose un colloque "penser l'émancipation" du 25 au 27 octobre 2012 (programme complet : link) avec entre autres une conférence intitulée "Normes amoureuses et polyamour, une remise en cause de l’ordre de genre ?"

f5e48927

 

Intervenant-e-s:

Pascal Levy est ingénieur d’étude à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Militant féministe et actif dans la communauté polyamoureuse, il a engagé en 2010 un projet de Master 2 d’ethno-sociologie sur le polyamour.

 

Flora Marchand étudie dans le cadre d’un Master 2 d’Etudes cinématographiques à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, le cinéma politique des années 60 et 70. Militante féministe elle s’intéresse aux questions de sexualités et de genre dans une logique d’intersectionnalité.

 

Exposé:

L’amour semble rétif à toute analyse scientifique et matérialiste, plus encore à toute politisation. Pourtant il y a bien un modèle, une norme amoureuse qui définit ce qu’est bien ou mal aimer. En occident au 21ème siècle, le bien aimer est encore essentiellement hétérosexuel, exclusif et monogame.

 

Depuis les années 1990 aux USA et le début des années 2000 en France, une forme de mise en cause de cette norme dominante émerge sous le terme porte-drapeau de « polyamour ». Il regroupe des individu-e-s revendiquant la légitimité sociale de nouvelles pratiques, de nouveaux modes de relation et d’expression du sentiment amoureux. En contestant la norme, le-la polyamoureux-euse la rend visible, révèle ce qui semblait un fait naturel immuable et indiscutable comme une construction normative politiquement, historiquement et socialement située. Sa position de marginalité semble constituer un point de vue privilégié pour la déconstruction du sentiment amoureux et permet de l’analyser comme élément actif d’un dispositif de pouvoir qui construit à chaque moment la différence sexuelle, l’hétéronormativité et la reproduction du patriarcat.

 

A travers l’analyse du discours et de l’expérience polyamoureuse en France, nous tenterons de voir en quoi ces pratiques constituent un biais d’émancipation du système de normes. Plusieurs pistes traversent notre réflexion : 

  • La normativité, les marges, et la remise en cause de ces frontières.
  • Le polyamour comme une contestation de l’ordre de genre et comme stratégie pour l’autonomie des femmes dans la relation amoureuse… et ses aspects contradictoires
  • La politisation de l’intime et l’élucidation du rapport complexe entre pratiques personnelles et émancipation individuelle et collective

 

Horaire

Jeudi 25 octobre

16h – 17h45

Amphimax, salle 415

 

Repost 0
Published by lutinages - dans débat
commenter cet article
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 18:57

images--3-.jpg

«Restez fidèle... à vos désirs.» Cet appel à l’hédonisme n’est autre que le slogan de Gleeden, le site de rencontres extra-conjugales. Rendu célèbre grâce à ses campagnes provocatrices qui ont défrayé la chronique il y a quelques mois, ce site au logo en forme de pomme d’Adam croquée affiche une santé éclatante. Dans un article publié dans Les Inrocks au sujet de Gleeden, on apprend ainsi que la start-up compte trente salariés, 1,3 millions utilisateurs et...150 % de croissance par an.

 

Taxé d’amoralité depuis son lancement, le site a développé une rhétorique efficace pour parer aux critiques. Loin d’inciter au mensonge et à la tromperie, Gleeden se targue de permettre aux couples mariés de consolider leur relation en allant voir ailleurs. Comme l’explique la porte-parole du site aux Inrocks, «Beaucoup de gens sont inscrits dans l’objectif de rester en couple. Les rencontres sont une respiration pour oxygéner le couple. Ça peut paraître contradictoire, mais c’est la réalité».

logo gleeden

 

L’infidélité comme remède à la monotonie du couple ? Dans «Le paradoxe amoureux» paru en 2009, l’essayiste et romancier Pascal Bruckner explore les rapports amoureux et défend l’adultère. «Il y a bien des femmes ou des maris adultérins qui rentrent à la maison tout heureux d'avoir goûté un peu d'un autre corps et de retrouver celui de leur légitime», affirme l’écrivain dans une interview au journal Le Matin. Pascal Bruckner fustige également la manière dont notre société stigmatise l’infidélité, considérée comme une preuve de souffrance individuelle : «On ne se moque plus des cocus, on les plaint, et on envoie les maris trompeurs ou les femmes coureuses chez le psy pour se soigner.»

 

Comparant le traitement médiatique de l’affaire DSK aux Etats-Unis et en France dans une tribune publiée dans Le Monde, Pascal Bruckner dénonce le climat puritain qui règne en Amérique. Il voit dans cette condamnation systématique de la tromperie - illustrée tout récemment par la frénésie médiatique autour de l’infidélité supposée de la jeune star de «Twilight» Kristen Stewart - le signe d’un «maccarthysme moral». «Le pari de la France, c'est de composer avec les ambivalences du cœur, de civiliser le désir à partir de ses impuretés tout en respectant l'intimité des personnes.», écrit-il.

9048.jpg

 

Une vision que rejoint Pamela Druckerman dans «L’art d’être infidèle», paru en 2009. La jeune femme y dresse un tableau de l’adultère à travers le monde et souligne les différences entre la perception française et américaine de l’infidélité. Brisant le cliché répandu selon lequel les gaulois seraient les champions de la tromperie, la journaliste américaine constate d’ailleurs que les Français sont tout aussi monogames que les Américains.

 

Autrefois ressort comique de la littérature, l’infidélité, et a fortiori l’infidélité masculine, est désormais présentée comme le signe d’une déchéance morale. Signe de cette évolution des moeurs, le film «Infidèles», sorti cette année, qui explore sur le mode satirique les aventures de deux amis inséparables et «serial trompeurs». La critique, tout en reconnaissant que les auteurs n’épargnent pas les Infidèles, a cependant montré du doigt la manière dont sont dépeints les personnages féminins.

 

Le succès de Gleeden auprès des femmes mariées montre que l’infidélité n’est pas l’apanage des hommes. Pensé par des femmes pour des femmes, le site se revendique même féministe. Comme l'explique sa porte-parole aux Inrocks, «Gleeden permet à un certain nombre de gens de dépasser l’héritage machiste, où la femme infidèle est moins bien vue que l’homme infidèle.» De là à faire passer le site de rencontres extra-conjugales pour un service, il n’y a qu’un pas, que Gleeden franchit, comme en témoigne une de ses publicités : «Contrairement à l’antidépresseur, un amant ne coûte rien à la Sécu.»

 

Au-delà de la provocation affichée par le site, y a-t-il une part de vérité dans l’idée selon laquelle tromper est bénéfique au couple ? L’infidélité est-elle nécessaire au bonheur du couple ? Qu’en pensez-vous ?


debat.jpg

Débat organisé par www.newsring.fr

Repost 0
Published by lutinages - dans débat
commenter cet article

Présentation

  • : lutinages et sensualités
  •  lutinages et sensualités
  • : le lutinage ou polyamour est un choix de vie qui légitime une relation sentimentale honnête, franche et assumée avec plusieurs partenaires. Chaque amour est unique, sans hiérarchie ni rivalité entre eux. Envie d'en discuter? n'hésitez pas à laisser vos commentaires ou à m'écrire.
  • Contact

Translate my blog

Recherche

About_Love_by_Emmasj.gif

Catégories