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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 14:13

L’amour c’est comme les bactéries: c’est pas sale. 

Mmh… Non.

L’amour c’est comme les bactéries parce que y en a partout mais on ne le voit pas. 

Non c’est pas ça.

L’amour en fait c’est comme les bactéries parce qu’on le cherche dans les chiottes de bar alors qu’en fait ça se trouve surtout à l’intérieur de nous.

 

Mmh… Non, pas terrible, on essaye encore: 

L’amour, c’est comme les bactéries: quand ça se divise, en fait ça se multiplie. 

Parole de Biologiste.

 

 

 

 

Mensonges et préjugés sur le polyamour

 

Après cette brillante introduction, et avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais encore vous casser les noix deux minutes avec une question sémantique. C’est la première fois que j’utilise le terme « polyamour » sur ce blog. Parce qu’il est pas beau, il a le hiatus disgracieux et mon éditeur de texte persiste à le souligner en rouge, ce qui fait bobo à mes yeux. Et aussi parce que j’arrête pas de dire à qui veut l’entendre que j’aime pas les étiquettes (sauf celles sur les fruits, je les aime bien et je les colle sur le frigo ou dans mes cahiers, et quand j’étais petite je les collectionnais et tout, mais à part sur les fruits je n’aime pas les étiquettes). Mais bon ce qui est pratique avec les mots comme « véganisme » ou « polyamour » c’est qu’outre constituer des étiquettes, ils servent surtout à émettre un concept long à expliquer à travers un seul mot. Ainsi, quand vous en avez marre de répéter « je mange pas de viande pas de poisson pas de produits laitiers pas d’œuf et je porte pas de cuir pas de laine blablablablabla pour des raisons éthiques de respect des animaux blablablablabla » vous dites simplement « je suis végane ». Ce qui est justement en fait le but d’une étiquette. Malheureusement l’étiquette vient souvent avec tout un ensemble de préjugés et de clichés, et c’est pourquoi je ne les aime pas (sauf sur les fruits) même si elles sont bien pratiques (sauf sur les fruits parce que des fois quand on fait pas gaffe on les mange). Et c’est justement aujourd’hui les préjugés sur le polyamour que je vais évoquer. Et attention parce que j’en ai gros sur la patate.

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Quand tu dis que tu es polyamoureux… 

Je ne rentrerai pas trop dans les comparaisons avec d’autres sexualités alternatives parce que je ne sais pas exactement ce que vivent les lesbiennes, les gays, les asexuels, etc. Mais en tous cas en ce qui concerne le polyamour, je pense qu’il y a un placard et il y a des réactions qui ne trompent pas (je ne dis pas que c’est pareil que d’autres placards). La réaction qui revient le plus souvent est un énorme et tonitruant:

 

« HAN, MOI JE POURRAIS PAS ».

 

Alors que vous n’avez rien demandé à la personne en face de vous et que vous n’êtes pas le moins du monde en interaction de séduction par rapport à elle. Cette réaction peut sembler anodine et même signe d’ouverture d’esprit, puisque la personne s’empressera d’ajouter que oui mais non mais elle respecte hein, mais c’est juste qu’elle, elle ne pourrait pas.

 

Attention. Il n’y a rien de mal à dire qu’on ne pourrait pas vivre selon tel ou tel mode de vie. Ce qui me pose problème c’est la façon dont c’est dit. D’abord c’est totalement hors contexte (évidemment si vous demandez à quelqu’un si le polyamour lui conviendrait et qu’elle répond non, ça n’a rien à voir). Si je dis à une femme que je suis lesbienne et que sa première réaction est de s’exclamer « han moi je pourrais pas » j’aurais tendance à penser que c’est une forme d’homophobie.

 

Je ne lui ai pas demandé si elle voulait coucher avec moi, c’est ma vie, je ne lui demande pas son avis. Je n’aime pas du tout cette réflexion parce que j’ai l’impression que c’est un jugement déguisé en « je donne simplement mon avis mais ça ne concerne que moi et moi seule ». Alors que, soyons sérieux deux minutes: si ça ne concernait que la personne qui dit cela, elle ne se sentirait pas obligée de le préciser d’entrée, comme ça, alors qu’on ne lui a rien demandé.

 

Si je grossis le trait pour que ce soit un peu plus clair, voilà comment je traduirais ce « han moi je pourrais pas » exclamé d’un air affolé:

 

« Je suis normal-e, contrairement à toi, et si tu pouvais éviter de me parler de tes perversions bizarres, au fond ça m’arrangerait. »

 

C’est donc une façon de vous repousser gentiment vers le placard, et ça marche puisque, très honnêtement, entre cette réaction et quelques autres techniques de silenciation bien senties, j’ai parlé deux ou trois fois de ma « particularité » en public et maintenant je n’en parle plus. Ce n’est pas tant le fait que les gens me considèrent comme anormale ou déviante qui me gène. C’est juste ce putain de moment complètement horrible où tout le monde est hyper mal à l’aise et où on te fait bien comprendre que tu es pas une personne respectable. D’ailleurs j’en parle aisément sur Twitter, sur ce blog, donc finalement les gens me considèreront comme anormale ou déviante depuis chez eux, tranquillement installés dans leur canapé, et ils ne me feront pas subir le fameux « blanc de la mort qui tue » qui dure de très, très longues secondes qui vous semblent des années pendant lesquelles vous avez tout le loisir de vous demander ce que diraient les gens dans ces moments-là s’ils osaient être sincères(2). Mais au lieu de ça ils regardent leurs pompes d’une façon interminable, et ensuite ils changent de sujet, ou alors ils vont vous sortir, très poliment et l’air de rien, les 103 préjugés à la con sur ce qu’ils supposent être de votre vie amoureuse.


 

 

Et en avant les préjugés.

 

Je ne vais pas tous les évoquer parce qu’ils se mélangent, se recoupent, et c’est pas du tout évident de les lister, mais je vais essayer de dégager les principaux.

 

 

 

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Préjugé n°1: vous êtes sexuellement insatiable et vous baisez avec n’importe qui, tout le temps et partout. Votre vie sexuelle est une gigantesque orgie perpétuelle, vous ressemblez à un animal en pleine saison du rut qui saute tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas.

  

Alors désolée parce que casser ce genre de mythes, c’est un peu casser du fantasme aussi pour certains, et j’ai toujours l’impression que les gens vont être déçus. Mais non, être polyamoureux n’a rien de particulier d’un point de vue sexuel. Ce n’est pas parce que vous avez la liberté de coucher avec plusieurs personnes que votre vie est une gigantesque orgie et que vous trainez avec vous toute une valise de maladies vénériennes. Quand vous avez un seul partenaire, vous n’êtes pas obligé-e de coucher avec tous les jours (encore que…), hé bien sachez que quand vous êtes en relation avec plusieurs personnes, vous êtes en fait encore moins obligé-e. Parce que si la personne a vraiment envie d’avoir des relations sexuelles, elle peut très bien aller voir ailleurs. (Attention: je ne dis pas qu’en couple monogame il devrait exister une chose telle que le devoir conjugal, mais pour beaucoup de gens, la frustration engendrée par la monogamie est une source de culpabilité quand ils n’ont pas envie de relations sexuelles avec leur partenaire, surtout pour les femmes). De plus, être amoureux n’oblige en aucun cas à des relations sexuelles. Le sexe est en fait quelque chose d’assez secondaire, je trouve, dans le polyamour. Ce n’est pas du tout quelque chose de central (sinon on appellerait ça du polysexe, même si ça fait un peu penser à un individu qui aurait plusieurs organes génitaux).

 

Ce que j’adore avec ce préjugé, c’est qu’il s’accompagne presque toujours de slut-shaming (du moins pour les femmes). Puisque tu es polyamoureuse, tu es une grosse salope qui écarte les cuisses pour n’importe qui, et ça c’est mal et tu vas aller en enfer espèce de grosse pute qui en plus utilise un mot compliqué au lieu de dire tout simplement « je suis une salope ». Et en bonus, des mecs qui croient que puisque tu es une salope, et que tu n’as pas de propriétaire légitime, il n’y a pas de raison pour que tu refuses de coucher avec eux (ça ne m’est pas arrivé en fait, puisque j’évite d’en parler, mais je pense que ça pourrait arriver facilement). Et du coup comme tu veux pas quand même, tu es vraiment un super grosse salope. C’est logique. (et si en plus le mec a été gentil avec toi dans le but de conclure tu es bien sur la plus grande salope de l’univers et tu devrais te cacher dans un trou et avoir honte jusqu’à la fin de tes jours).

 

En plus du fait que les relations amoureuses n’obligent pas à des relations sexuelles, polyamoureux ne veut bien sur pas dire collectionneur. On n’est pas non plus obligé d’avoir 500 relations amoureuses. On est même pas obligé d’en avoir deux. On est même pas obligés d’avoir un vague flirt avec qui que ce soit. C’est simplement une question de liberté.



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Préjugé N°2: Ça doit être vachement compliqué à gérer tous ces amoureux. Genre tu dois avoir une liste de dates d’anniversaires à fêter absolument, sinon tous tes amoureux vont te faire la gueule, et une liste de noms à qui offrir des cadeaux à la saint-valentin, fête à laquelle tu vas te retrouver sur la paille d’ailleurs, et qui va être vachement fatiguante parce que tu devras passer exactement le même temps avec chacun de tes amoureux, et du coup tu vas être obligé de faire 70 dîners aux chandelles pour que personne ne soit jaloux et du coup tu vas trop manger et tu vas devenir grosse.

 

(Là je caricature à peine puisqu’on m’a déjà sorti le coup de la liste des dates d’anniversaire, et on me parle souvent temps égal qu’un polyamoureux est censé passer avec chaque partenaire.)

 

Alors non, ça ne se passe pas comme ça. Je n’ai pas un agenda d’amoureux. (d’ailleurs si vous avez suivi, je ne suis pas obligée d’avoir plusieurs amoureux). Je ne trouve pas qu’il y ait quoi que ce soit de compliqué à gérer en polyamour. Après il n’y a évidemment pas qu’une seule façon de vivre ce type de relations. Mais le polyamour, ce n’est pas le couple monogame multiplié par plusieurs partenaires. En fait le gens qui ont ces croyances s’imaginent qu’être polyamoureux c’est exactement comme être monogame sauf qu’on serait monogame avec plusieurs personnes. Alors non ça ne marche pas comme ça, et les relations fonctionnent évidemment d’une façon différente du couple monogame classique. Par exemple il n’y a pas de « devoir conjugal ». Il n’y a pas d’obligation de temps passé avec untel ou unetelle (d’ailleurs c’est un truc mégachiant dans le couple classique, et bien heureusement tous les couples monogames ne fonctionnent pas comme ça: tous les partenaires ne vont pas vous forcer à passer tel temps avec eux pour leur prouver que vous les aimez).

 

Oui, forcément, il va y avoir une personne avec qui vous passerez plus de temps qu’avec les autres. Tout comme il y a des amis avec qui vous passez plus de temps que d’autres, ça ne veut pas dire que ceux que vous voyez moins, vous les aimez pas vraiment en fait, ou qu’ils valent rien. Si un ami vous obligeait à passer exactement le même temps avec lui qu’avec un ou plusieurs de vos autres amis, je pense que vous le regarderiez bizarrement. Évidemment il peut arriver qu’un partenaire se sente délaissé (comme cela arrive dans les relations monogames d’ailleurs), mais c’est un problème à régler avec lui ou elle, ce n’est pas en faisant des mathématiques et des agendas que ça va s’arranger.

 

Les relations monogames ne sont pas plus faciles à gérer, à mon avis elles le sont moins, puisqu’en situation de monogamie des personnes vont entamer puis cesser des relations, ressentir ou pas des sentiments de jalousie et chercher à contrôler les autres (et en particulier leur partenaire, mais parfois aussi leurs amis) en fonction de leur jalousie. Ça devient vite beaucoup plus ingérable que si la jalousie est un problème de soi à soi, ou un problème révélateur d’un déséquilibre ou d’un manque de communication dans une relation.

 


 

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Préjugé N°3: les polyamoureux sont des méchants qui utilisent les pauvres gens et leur font subir les pires tourments avant de les jeter comme des kleenex.

 

Cela rejoint les deux précédents puisqu’il y a à la fois l’idée qu’être polyamoureux vise à enchaîner les « conquêtes » et multiplier les aventures, et à la fois celle que si on ne gère pas ses conquêtes au poil de cul d’une façon à traiter tout le monde rigoureusement de la même façon, on brise des cœurs.

 

Je tiens à faire remarquer que pour utiliser les gens, les maltraiter ou leur briser le cœur, il n’est nullement nécessaire d’être polyamoureux. Je ne vois pas trop ce que ça change que la personne qui joue avec vous, vous utilise comme un objet et méprise vos sentiments, soit polyamoureuse ou pas? Et que dire des pervers narcissiques, des personnes qui emprisonnent leur partenaire dans une relation exclusive et finissent par lui interdire de voir ses amis ou sa famille, le tenant entièrement à leur merci? Le polyamour ne met pas à l’abri d’une multitude de problèmes sentimentaux (pas plus qu’il ne les provoque) mais il protège au moins de ce type de situations où une personne est sous l’emprise totale de l’autre, puisque le principe est de ne pas posséder ses partenaires. De plus, il est très courant que les gens s’utilisent les uns les autres dans le cadre du couple classique, puisque le but de se mettre en couple n’est pas forcément pour passer du temps ensemble et avoir des projets communs: le but de se mettre en couple (du moins hétéro) ça peut être simplement de se caser, de concrétiser un désir d’enfant, de briller en société, de faire bien devant papa-maman, de ne pas se sentir comme une merde parce qu’on est célibataire, etc etc… Voire même de se trouver quelqu’un pour nous entretenir ou laver nos slips? En polyamour, on fréquente une personne parce qu’on l’aime, parce qu’on passe de bons moments, et pas parce que ça fait bien sur le CV.

 

Après je ne dis pas forcément que toute personne polyamoureuse (ou se disant telle) n’utilisera jamais les autres pour satisfaire ses caprices personnels et ne les fera jamais souffrir. Mais on ne peut pas accuser le polyamour pour ça. Ça n’a simplement rien à voir.

 

Se mettre en relation avec des personnes qui sont habituées au format classique du couple peut évidemment être un peu casse-gueule, et demande beaucoup d’empathie et de communication. Si une personne souffre d’une situation de polyamour, il est hors de question de mépriser ses sentiments sous prétexte que la monogamie c’est tellement réac et que la jalousie c’est has been et que yaka être cool et libéré comme moi tavu. Je ne dirais pas que le polyamour est un problème en soi, dans ces situations. Le problème est un manque d’empathie entre les partenaires, de respect. Si je devais subir une monogamie forcée, j’en souffrirais, ce n’est pas pour ça que je pense que la monogamie ça ne peut pas marcher et que c’est mal et que les monogames sont vilains. C’est juste pas fait pour moi, et on ne peut pas me l’imposer. De même, on n’impose pas à quelqu’un une relation polyamoureuse, c’est une question de respect. On doit entrer dans le polyamour de façon volontaire, et si l’on a des doutes sur la qualité de la relation, ou sur ses besoins en tant que partenaire amoureux, ou sa capacité à gérer une éventuelle jalousie, il faut surtout rester toujours à l’écoute de soi, et tenter de communiquer au mieux.

 

Une fois j’expliquais à quelqu’un que j’étais polyamoureuse et elle m’a dit qu’elle avait eu une relation de ce type que ça ne lui plaisait pas. En fait, elle avait été en couple avec quelqu’un qui ne souhaitait pas être exclusif et méprisait totalement ses sentiments. Elle souffrait de savoir qu’il fréquentait d’autres femmes mais il s’en fichait, et lui imposait cette situation en menaçant de la quitter. Pour moi ce n’est pas ça le polyamour, ça n’a rien à voir. Dans une relation il y a un contrat, et quand on signe un contrat on met pas un revolver sur la tempe de l’autre pour lui faire signer. Donc on se met d’accord et on ne se contente pas de dire « si ça te fait souffrir c’est ton problème et je m’en fiche, c’est ça ou rien ».

 

Être polyamoureuxse ne consiste surtout pas à mettre ses partenaires en situation de rivalité pour jouir du spectacle et pour le plaisir de les voir se battre pour t’obtenir. C’est justement tout le contraire: personne n’obtient qui que ce soit, il n’y a pas de rivalités, seulement plusieurs relations dont chacune est unique à sa manière. Et il n’y a personne à « obtenir » puisque les partenaires ne s’appartiennent pas les uns aux autres. La rivalité existe exclusivement en situation de monogamie, donc il est hors de propos de l’appliquer à des situations de polyamour.

 

Si vous voyez quelqu’un jouer ainsi avec les sentiments des autres, dites-vous plutôt que cette personne a un problème.

 


 

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Préjugé N°4: Tu n’as que des aventures, le polyamour empêche toute relation sérieuse. Et le jour où tu voudras vraiment construire quelque chose avec quelqu’un, ou avoir des enfants, ou autre, tu te caseras définitivement dans une relation exclusive classique. Une « vraie » relation, parce que les relations polyamoureuses sont bidon.

 

Parce qu’une relation n’occupe pas 100% de notre temps libre ou de nos centres d’intérêts, ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas sérieuse. On peut très bien avoir des enfants (et non, on n’est pas obligé d’en faire un nombre égal avec chaque partenaire, cf préjugés n°2), vivre ensemble ou faire n’importe quels projets de vie.

 


 

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Préjugé N°4bis: Tu n’es pas vraiment amoureux(se).

C’est assez horripilant de voir quelqu’un vous expliquer que l’amour que vous croyez ressentir, c’est pas du vrai amour en fait. Parce que le vrai amour, ça t’oblige à être fidèle, parce que comme le répètent les gens jusqu’à la nausée, « quand on est vraiment amoureux on ne regarde même pas les autres hommes/femmes » (ajoutez ici des licornes, des paillettes et des petits cœurs dans le ciel). Qui t’es pour me dire qui je regarde quand je suis amoureuse? Et est-ce qu’on est obligés d’être tous pareils?

 

Évidemment c’est un peu agaçant parce que vous ne pouvez pas prouver, là, tout de suite, à votre interlocuteur que vous êtes amoureuse, d’autant plus qu’il n’a aucune envie que vous le fassiez et qu’il est de toutes façons convaincu que « c’est pas du vrai amour », sinon ça bouleverserait trop ses croyances. Et que de toutes façons je vois pas pourquoi je me sentirais obligée de prouver mes sentiments comme ça, ça ne les regarde pas (je dois faire quoi ? écrire « j’aime bidule » sur la lune ça va ou pas?). Je me sens un peu dans la peau de la personne qui a décidé avec certitude qu’elle voulait pas d’enfants dans sa vie et à qui on réplique doctement « tu changeras d’avis ». Que répondre? Y a rien à répondre, ça coupe court à tout dialogue. « J’ai raison ta gueule ». À part répondre sur le même mode péremptoire…

 

C’est surtout les femmes qui y ont droit, en fait. Un peu comme dans les clichés lesbophobes ou biphobes, si tu erres ainsi à l’aventure, pauvre de toi, c’est que tu n’as pas encore rencontré l’Homme, le Bon, le Vrai, le Fort, le Beau, le Viril, le prince charmant de mes couilles qui viendra te remettre dans le droit chemin hétéronormatif exclusif. Donc en gros tu es juste en train de papillonner parce que tu n’as pas eu la chance incroyable de rencontrer Le Bon. Et non, y a pas plusieurs bons, ni une ou plusieurs bonnes, y a Un Bon, et c’est tout, chut. Tu n’es pas différente, quelle idée? Toutes les femmes sont pareilles. Tu es juste déviante par manque du véritable prince charmant.

 

Je pense que la fidélité est différente pour chaque personne. Aussi, le fait de ne jamais regarder quelqu’un d’autre quand on est amoureux, c’est peut-être lié à l’exclusivité. Si on sait qu’une autre relation viendra casser celle qu’on vit et faire de la peine à la personne qu’on aime, on se tient à carreau, et peut-être même qu’on ne pense même pas à transgresser cet interdit, profondément ancré en nous. Mais si on savait au fond de nous-même qu’une relation amoureuse n’interfère pas avec une autre, on ne ressentirait peut-être pas les choses de la même façon, et peut-être qu’on resterait ouverts à de nouvelles rencontres même en étant sincèrement et profondément amoureux(se.)

 

 

 

Voilà pour les préjugés. Malheureusement je n’ai pas le temps de développer davantage même s’il y aurait beaucoup à dire encore sur ce type de relations et sur les préjugés, méprises et autres croyances souvent véhiculées à leur égard. J’espère revenir là-dessus une autre fois.

article récupéré sur lesquestionscomposent.fr

 

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Published by lutinages - dans articles de presse
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