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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:46

L'amour toujours n'est pas réservé aux couples triomphants. Parfois, dans l'ombre d'une vie parallèle bien rangée, la passion vibre. Et dure. Récit de 4 histoires d'amour secrètes qui du pire au meilleur, ont traversé les années.

 

Sur Internet, les récits de relations adultères longue durée se multiplient, les forums consacrés à la thématique de la double vie aussi. Les langues se délient: beaucoup de femmes, mais aussi d'hommes, se confient et échangent sur leurs histoires d'amour clandestines. Des témoignages sincères et émouvants, souvent douloureux, qui n'ont rien à voir avec la simple passade, ni avec la tendance actuelle qui tend à faire de l'infidélité un cynique marché. Ces clandestins au long cours sont restés branchés sur le mode passion façon Tristan et Yseult, Roméo et Juliette.... Contre toute raison, contre toutes les conventions, et malgré les affres qui vont avec, ils sont reliés. Plus forts que la loi, plus forts que le temps et les intermittences du coeur. 4 femmes racontent comment d'un impossible amour elles ont fait la passion de leur vie. Sans remords ni regrets.

Par Alix Leduc pour MC 

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Deborah 41 ans, en couple depuis 23 ans, amante depuis 9 ans.

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Quand j'ai rencontré Gérard, j'avais 32 ans, une vie de couple très installée, une fille de 6 ans et un garçon d'1 an 1/2, et un boulot prenant. Gérard est arrivé dans ma vie comme un cataclysme. Nous nous sommes rencontrés à un congrès de médecine. Lorsque, au bout de 3 mois, je suis tombée dans ses bras, c'était l'euphorie. J'étais en couple depuis si longtemps, j'avais l'impression de n'avoir jamais rien connu d'aussi fort. Lui aussi était marié, père de 2 enfants et avait 15 ans de plus que moi. Mais je n'éprouvais pas une once de culpabilité. C'était tellement bon que je ne me posais pas de questions. Il était gai, un peu "paternant", me regardait et m'écoutait avec tendresse et intérêt. Dans ses bras, j'avais retrouvé une libido de jeune fille, le plaisir...Bref, j'étais bien avec lui. Lorsque, 2 ans plus tard, il m'a quitté, je me suis retrouvée en 1000 morceaux. Mais j'en avais trop demandé. Dans mon égoïsme, je ne voyais que mes sentiments, je voulais qu'il m'épouse. Et je me croyais sincèrement prête à tout envoyer bouler. Mais est-ce que j'aurais survécu sans Frédéric et notre famille? Ce sont eux qui m'ont tenue. Peut-être que Frédéric s'est douté de quelque chose, je n'ai jamais rien avoué. Il m'a fallu des années pour sortir de ma dépression. Je croisais Gérard dans des congrès professionnels. Une fois, on s'est jeté l'un sur l'autre. Une évidence. Quelque chose de plus fort que moi me pousse vers cet homme. Au bout de 3 ans, je l'ai appelé, juste pour lui parler : il me manquait. Je me croyais "guérie", mais on a replongé. Il a fait son mea culpa sur son attitude passée, mais m'a bien fait comprendre qu'il ne fallait pas que je m'emballe. Il se parlait aussi à lui-même. De fait, je n'ai pas l'intention de commettre les mêmes erreurs. Et je ne suis plus du tout convaincue d'être prête à sacrifier ma famille et mon lien avec Frédéric, même s'il est un peu effiloché. Gérard réveille une part de moi qui sommeille, quelque chose de très gai. Quand il est dans ma vie, tout est moins gris, je suis plus calme. Depuis son "retour", ma vie a repris un sens. "tu as l'air plus forte" m'a dit une maie. Certes, je ne suis pas fière de moi: je n'imaginais pas ma vie comme ça. C'est parfois le grand chaos dans ma tête mais je l'accepte. Je me dis que cette histoire est une belle histoire, un cadeau. Ce n'est pas "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", mais, finalement, l'amour c'est peut-être ça aussi. D'une certaine manière Gérard est l'homme de ma vie. Avec Frédéric, les choses se sont apaisées. Je suis moins déprimée, moins agressive. C'est l'autre versant de l'amour.


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Constance, 49 ans, mariée depuis 30 ans et amante depuis 23 ans.

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C'est mon amant qui me permet d'aimer ma vie. Cet amour clandestin, c'est ma bulle de bonheur, mon oxygène. Sana Rémi et notre histoire d'amour qui dure depuis bientôt 23 ans, je n'aurais jamais pu tenir après ce qui m'est arrivé.

Nos rendez-vous, notre complicité, nos nuits irréelles m'ont aidée à trouver mon équilibre dans un quotidien qui a pu être tragique à certains moments - quand Eric, mon mari, a eu son accident de voiture. Lorsque nous nous sommes rencontrés, tout a tout de suite été différent. Je me suis découverte plus gourmande, plus femme. Je m'autorisais à être plus légère, plus entière et même, parfois, déjantée. J'avais l'impression de revenir une jeune fille, voire une petite fille. Il était le seul homme avec qui je parvenais à me laisser aller. Sans doute parce que notre relation se moquait des conventions. Lorsque mon mari s'est retrouvé à l'hôpital, il y a 5 ans, ma vie a vacillé. Mais j'ai réussi à être forte pour lui et, bien sûr, pour nos enfants. Avec cette épreuve, notre relation parallèle était vouée à disparaître. D'ailleurs la passion des débuts avait laissé place à des rendez-vous de plus en plus distants. On avait toutes les raisons de s'éloigner. Rémi multipliait les aventures et j'étais de moins en moins jalouse. Mais quand je l'ai retrouvé, alors que j'étais décidée à le quitter, je me suis soudain autorisée à craquer dans ses bras. J'ai compris que cet homme hors de ma vie était finalement mon roc, mon pilier. Je crois que c'est à cette période que notre histoire a évolué vers quelque chose de plus profond, de plus solide. Et que notre amour s'est réellement révélé. Aujourd'hui, l'état de santé d'Eric s'est beaucoup amélioré, et notre famille s'est retrouvée. Mais quoi qu'il arrive, depuis, je sais que Rémi sera toujours là quand j'aurai besoin de lui. Ni lui ni moi n'avons envisagé de former un couple "classique". Lui est bien trop indépendant, après un divorce catastrophique. Et moi j'aime mon mari et la vie que nous avons construite, je veille sur lui. Et puis j'aime l'idée que Rémi et moi partagions nos vies en parallèle depuis tant d'années. Nous nous aimons en secret, pour le meilleur et pour affronter le pire.

 

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Laurence, 58 ans, célibataire et amante d'un homme marié pendant 30 ans.

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J'avais 15 ans, et je savais déjà que tout tournerait autour de lui. Seule ma soeur connaissait mon secret: j'aimais un homme marié, père de famille, de 13 ans mon aîné. Elle me charriait, persuadée que ce n'était qu'une lubie. Mais moi je savais que cet homme allait devenir mon amant. Quelques mois plus tard, quand mon rêve de midinette s'est réalisé, j'ai tout gardé pour moi. Et ce qui aurait pu n'être qu'un amour platonique éphémère est devenu l'histoire d'amour de ma vie. Aujourd'hui, plus de quarante ans plus tard, alors qu'il est mort, qu'il n'a jamais quitté sa femme pour moi et que j'ai failli en crever, je n'ai aucun regret. Il reste le seul homme de ma vie. Malgré sa lâcheté et tous ces moments de désespoir à l'attendre, à décrypter ses mensonges et ses trahisons. Je n'ai pas eu d'enfant, je ne me suis jamais mariée, et quand on me dit que j'ai gâché ma vie pour lui, je m'estime heureuse, même chanceuse, d'avoir pu aimer avec une telle intensité. Nos rendez-vous secrets étaient si excitants, plein de rires et d'émotions. Je ne partageais pas son quotidien, j'en bavais, mais il me réservait ses meilleurs moments. Je sais qu'avec moi il était lui-même. J'étais la seule à le connaître sans son masque et sa carapace. Je l'ai quitté mille fois, j'ai fui notre région pour tenter de refaire ma vie. Mais nous nous sommes toujours retrouvés. On s'écrivait des lettres enflammées, que j'ai toutes conservées, je les relis souvent, en pleurant et en souriant...J'ai aussi conservé des photos, des petits mots, des objets récoltés lors de nos escapades, des trucs insignifiants, qui n'avaient de sens que pour nous. Je lui ai tout pardonné. Même d'avoir un troisième enfant, alors qu'il m'avait assuré qu'il ne couchait plus avec sa femme: une tentative de suicide et 3 ans plus tard, je buvais de nouveau ses mots d'amour. J'avais tellement peur de le perdre. Lui seul me faisait vibrer, me protégeait. Même dans l'ombre, j'avais besoin de savoir que j'étais dans sa vie, et lui dans la mienne. Bien sûr, j'ai essayé de vivre des relations plus classiques. Mais toute cette normalité ne me rendait pas heureuse. J'en voulais à ces hommes d'être disponibles et de m'offrir tout ce que lui était incapable de me donner. Je préférais une histoire clandestine sincère et passionnante à un faux couple, fade et bidon. Etrangement quand je couchais avec un autre homme j'avais le sentiment de lui être infidèle. Lorsque j'ai su qu'il était gravement malade, j'ai appris à vivre sans le voir, sans communiquer. Comme je le fais encore aujourd'hui. Maintenant que je sais que je n'aurai jamais d'autre homme dans ma vie. 

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Camille, 38 ans, célibataire et amante depuis 15 ans.

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Le grand amour, je l'ai rencontré, il y a 15 ans. J'ai eu le coup de foudre pour cet homme pas vraiment beau mais tellement plus vivant que les autres. Plus drôle, plus intense, plus gai. Plus tout. Il m'a draguée ouvertement, ce qui a beaucoup fait jaser, d'autant qu'il était marié et père d'une petite fille. Je l'ai trouvé gonflé, et ça m'a plu. Le statut de maîtresse ne m'a jamais fait délirer, et j'étais convaincue que ce ne serait qu'une passade. Mais ce qui a commencé comme une blague, pour tromper l'ennui d'un week-end, s'est vite transformé en passion destructrice. pendant 2 ans, David et moi, nous nous sommes adorés, déchirés, quittés, retrouvés. et de nouveau séparés, le soir où j'ai compris qu'il ne quitterait pas sa femme. Je n'ai jamais douté de son amour pour moi, mais j'ai craint de lui en vouloir d'avoir gâché ma vie. J'ai coupé les ponts, le coeur brisé, avec la volonté de construire une vie "normale". Un mariage, 2 enfants et un divorce plus tard, je suis revenue vers lui. Il était libre. Mais épuisé par un divorce éprouvant. Et moi, curieusement, je n'avais plus envie de partager le quotidien avec lui. Em me voyant fondre à nouveau, j'ai compris qu'à mes yeux David est irremplaçable. J'ai essayé d'aimer d'autres hommes, en vain. En le retrouvant, j'ai réalisé et accepté qu'il n'y aurait jamais de fin à notre histoire, que j'avais besoin de le savoir dans ma vie. Mais pas constamment. Nos caractères sont incompatibles. Et surtout, je crois que j'ai appris à l'aimer de cette manière hors norme. Notre histoire ressemble à un tango: on se retrouve, on se manque, on s'étonne, on s'attend. David est mon alter ego. Malgré nos différences, on se rejoint sur l'essentiel. Comme, au jour le jour, ça ne "marche" pas, j'ai décidé qu'il allait devenir l'amant de ma vie.

 

 



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Published by lutinages - dans témoignages
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